Mickael Nelson cofondateur Simplist réseau social shooping

Mickaël NELSON, co-fondateur de Simplist, le réseau social du shopping

Temps estimé de lecture : 7 min

 

J’ai rencontré Mickaël en juin, à l’occasion d’un RDV Shapr (je vous recommande d’ailleurs vivement cet appli qui est absolument géniale pour faire de nouveaux contacts dans le cadre professionnel). Mickaël et son associé venaient de lancer un site qui s’appelle Simplist, et qui permet de gérer des listes de shopping en ligne. Nous avons chacun échangé sur nos projets respectifs et l’échange a été à la fois très chouette et très riche. Je vous laisse donc découvrir le portrait de cet entrepreneur.

 

Mickaël, est-ce que tu peux nous parler de ton entreprise ?

Simplist, pour résumer, c’est le réseau social du shopping. Le service que l’on offre ce sont des listes d’envie personnalisées. En fait, on est parti du constat que lorsque l’on fait du shopping en ligne, on peut se perdre parmi tous les sites proposés, et oublier les bonnes idées au fur et à mesure de la navigation.

Et puis on avait aussi envie de renouer avec le côté social que permet le shopping physique. En effet, quand on fait du shopping en magasin, bien souvent on y va avec des proches, on passe un bon moment, on se donne nos avis sur les vêtements essayés et donc on associe le shopping à un moment agréable.

Avec Simplist, on offre à la fois un outil qui permet aux internautes de conserver leurs bonnes idées mais avant tout un outil social car on peut partager sa liste avec ses ami(e)s et ils/elles peuvent commenter, s’en inspirer. La liste personnalisée a une vraie dimension sociale et identitaire : elle est le reflet de ce que l’on est à un instant T, de ce que serait notre garde-robe idéale, même si on ne l’achète pas. C’est une partie de soi que l’on matérialise quelque part.

 

Simplist start up réseau social shopping

 

Peux-tu nous raconter ton parcours ? A quoi ressemblait ta vie avant de monter ton entreprise ?

Des études déjà à l’époque en parfaite logique avec Simplist  🙂

Ma vie professionnelle s’est construite en plusieurs temps. J’ai commencé par une formation d’ingénieur à l’École Centrale Paris, avec une option informatique et télécommunications. J’ai complété ce cursus par une formation en psychosociologie à Dauphine. Et j’ai tellement adoré que j’ai continué avec un doctorat en sociologie appliquée aux réseaux sociaux.

Du conseil…

En parallèle, j’ai commencé ma carrière dans un cabinet de conseil en gestion de la relation client. J’étais salarié mais le quatrième de la structure, et lorsque je suis parti, l’effectif de la boîte était de 35 personnes donc j’ai vraiment accompagné la société dans sa croissance. Lorsque j’y étais, j’avais une relation très privilégiée avec le fondateur grâce à mon « ancienneté » et parce que c’était un ancien prof de Centrale. Mais malgré tout, certaines choses ne me convenaient pas dans ma vie de salarié. A ce moment-là, j’avais le choix entre retourner dans un cabinet de conseils : j’aurais alors fait la même chose sauf que je n’aurais certainement pas eu la même relation avec mon boss. Ou créer mon activité.

… Puis l’envie d’entreprendre

Donc j’ai décidé de créer à l’époque une première start up. J’ai eu alors l’opportunité de réaliser une première mission de conseil en sous-traitance, qui m’a permis de financer l’étude de marché autour de ce que proposerait ma future boîte. Il s’avère que cette étude n’a pas été concluante donc j’ai bien sûr décidé de ne pas continuer ma start up et j’ai continué à faire du conseil, mais à mon compte cette fois. Au bout de quelques années, ma famille s’est agrandie et nous avons déménagé de Paris à Nantes. Et puis j’ai fini par m’ennuyer dans mon activité.

 

Qu’est-ce qui t’a amené vers l’entrepreneuriat ?

C’est dans cette même période de lassitude dans mon activité qu’un ami de longue date, qui habitait à Londres à l’époque, m’appelle pour me dire qu’il a un projet de start-up, mais qu’il manque d’expérience dans le numérique. Et qu’il voudrait monter ce projet avec moi. On en a beaucoup et longuement parlé, et l’idée a fait son chemin.

Ce qui m’attirait dans ce projet et dans l’entrepreneuriat en général, c’était le côté création de quelque chose et également le côté autonomie, notamment dans la prise de décision. Ça change du salariat où tu dois faire les choses qu’on te demande de faire, sans forcément les comprendre ou même être en phase. Ça change également du conseil, ou tu apportes des solutions sans les mettre en œuvre et les vivre.

Avec mon associé, on sentait le temps avancer et on s’est dit que c’était le moment de se lancer !

 

Dans cette aventure, tu t’es associé avec une autre personne. Peux-tu nous raconter ce que ça  vous apporte de diriger à deux, et comment vous vous répartissez les rôles ?

En termes de personnalités, on a une complémentarité qui est un peu extrême, dans le sens où je suis plutôt quelqu’un de posé et structuré là où lui est plutôt énergique et créatif. Du coup, il y a un équilibre dynamique à construire, qui est très intéressant.

Pour la répartition des rôles, vue ma formation, je m’occupe évidemment de la technique et lui des parties communication et marketing, des partenaires et en ce moment, de la levée de fonds. Pour résumer, mon associé est plutôt tourné vers l’extérieur pendant que moi je m’occupe de l’intérieur de la boîte.

Il nous arrive parfois d’avoir des discussions vives et c’est tant mieux, parce qu’on en sort à chaque fois grandis.

 

Est-ce que tu as rencontré des difficultés, des doutes durant la gestation de ton entreprise ?

Il n’y a pas eu de périodes où on n’a pas fait face à des risques. Moi j’étais consultant indépendant et donc en arrêtant mon activité, je n’avais pas d’indemnités Pôle Emploi. On a créé la boite en décembre 2017 et contracté un emprunt pour pouvoir payer mon salaire dès janvier 2018. Il y a eu une grosse inquiétude financière, car je n’avais pas de filet de sécurité derrière, d’autant plus si nous n’obtenions pas notre prêt.

 

Comment as-tu fait pour aller au-delà et continuer ?

Déjà, on avait mis des fonds dans la structure donc il fallait qu’on continue. Mais honnêtement, ce qui nous a vraiment fait continuer, c’est qu’on voulait vraiment tester le projet, parce que ça nous paraissait très prometteur.

Et pourtant à l’époque on était loin de voir le potentiel que l’on décèle aujourd’hui, maintenant que le projet est lancé. On sentait bien à l’époque qu’il y avait une appétence car les testeurs, le Réseau Entreprendre et d’autres y croyaient, mais on ne savait pas que cela allait être un tel succès.

 

logo Simplist start up liste shopping

 

Quels ont été tes moments de joie, de fierté ?

Je ne m’en étais pas rendu compte à l’époque mais l’emprunt bancaire a déjà été un beau succès. Et c’est arrivé alors qu’on n’avait pas encore créé le site et que nos hypothèses de revenus étaient fausses (mais ça, on ne le savait pas).

Les mises en ligne successives des différentes versions du site aussi, ça a été de vrais moments de fierté. Parce que c’est quelque chose que je n’avais pas vraiment fait avant. Je connaissais le sujet mais créer une plateforme telle que Simplist m’a permis de vraiment monter en compétences sur le sujet.

D’ailleurs avec ce projet, notre courbe d’apprentissage a été énorme, on apprend beaucoup de choses, sur nous, entre nous, et sur notre marché. Et on se met vraiment dans une dynamique où on apprend de plus en plus.

Enfin, ce qui est sympa aussi, c’est qu’on commence à maîtriser le marché dont on parle et ça c’est vraiment super.

 

D’après toi, quelles qualités faut-il avoir pour monter sa boîte ?

De la patience et de la pédagogie

Ça dépend beaucoup de la boite. L’écosystème autour duquel tu vas graviter dépend beaucoup du type de projet que tu montes. Nous, on a rencontré beaucoup de difficultés au début de Simplist parce que c’est une start-up numérique et aussi parce que c’est un concept qui n’existe pas. Donc il a fallu beaucoup de patience et de pédagogie pour expliquer ce qu’on voulait faire et où on voulait aller, sans que ça paraisse délirant.

Savoir convaincre et séduire

Il faut bien sûr savoir convaincre et surtout séduire, tout en s’adaptant à son auditoire, et ça c’est quelque chose que fait très bien mon associé actuellement sur la levée de fonds.

De l’ambition et de la confiance

Pour monter son entreprise, il faut aussi de l’ambition et une confiance débordantes, parce que ce genre de structure est assez atypique et qu’il faut beaucoup d’ambition pour toujours voir grand, et se mesurer aux mastodontes du marché.

De la rigueur

Il faut également de la rigueur pour organiser son travail, quand tu as 1 000 choses à faire et que tu dois faire en sorte de ne pas te laisser déborder par les bonne nouvelles et les mauvaises nouvelles, qui arrivent 15 fois par jour.

Et bien sûr, du plaisir !

Enfin, le principe de plaisir est bien sûr très important. Parce que dans l’entrepreneuriat, si tu ne prends pas de plaisir dans l’exécution, c’est compliqué. Car créer une entreprise, c’est prendre des risques et ça peut prendre du temps pour avoir du succès, donc il faut que ce soit compensé par du plaisir, sinon tu t’épuises.

Simplist start up numérique réseau social shopping

 

Et quelles compétences ?

Aucune. Les compétences nécessaires pour diriger une entreprise, personne ne les a toutes, personne n’est bon partout. Par contre, tout peut se travailler, se déléguer ou s’externaliser. Larry PAGE et Sergey BRIN, les fondateurs de Google, l’ont bien compris et ont vite cherché un CEO pour diriger la boite.

Je trouve assez juste aussi la phrase de Xavier NIEL, le PDG de Free, qui disait : « Chef d’entreprise, c’est une suite de mauvaises nouvelles ». La complexité ce n’est pas de ne pas avoir le niveau ou les compétences, c’est de savoir que ça va être compliqué, et être persévérant.

 

Qu’est-ce que tu délègues et sous-traites aujourd’hui, et pourquoi ?

L’avantage d’avoir eu un emprunt bancaire, c’est que qu’on peut faire appel à des compétences externes quand on se rend compte qu’on ne sait pas bien faire. Aujourd’hui, on a sous-traité des parties du graphisme, des expertises techniques et du marketing. Bien sûr, on a aussi un expert-comptable.

 

Si tu avais un conseil à donner à quelqu’un qui veut se lancer dans l’entrepreneuriat mais qui hésite encore, ce serait quoi ?

Une bonne ou une mauvaise raison d’hésiter ?

Ça dépend de la raison pour laquelle il hésite. S’il hésite parce qu’il a une idée et qu’il a peur que ça ne marche pas, il faut tester. Il est tout à fait possible de tester avant de se lancer. Il est même possible de tester un marché sans beaucoup d’investissements.

Si par contre une personne hésite parce qu’elle n’est pas sûre de pouvoir prendre et accepter des risques sur un long terme, elle peut songer à renoncer à l’entrepreneuriat , mais sans regrets.

La problématique financière

D’un point de vue financier, soit on est bénéficiaire d’allocations chômage et on arrive à en vivre et tant mieux. Soit il faut trouver des financements pour se verser un salaire, et là ce n’est pas évident. Surtout quand on se lance sur des domaines que les financeurs ne connaissent pas bien.

Il faut garder en tête que la problématique financière va fatalement peser sur la vie de toute la famille, et très longtemps (jusqu’aux levées de fonds et/ou la rentabilité de la boîte). Donc il faut vraiment avoir réglé ce problème en amont. Parce que l’aventure entrepreneuriale, c’est génial, mais ce n’est pas neutre non plus.

J’oserai même avec un parallèle avec la question : « Est-ce que je veux avoir des enfants ou pas ? ». Si tu ne veux pas changer tes habitudes et que tu ne vois pas ce que ça va t’apporter, en effet, ne le fais pas. Si tu es prêt à changer ton mode de vie et que tu sais que ça va être impactant mais que tu vas t’éclater, alors fonce !

Se faire accompagner

Pour finir, je conseillerai de se faire accompagner. Il existe des organismes qui permettent de se faire accompagner assez tôt dans le projet. On peut également aller grenouiller dans les réseaux propres à son secteur d’activité, pour être toujours au courant de ce qu’il s’y passe, et rencontrer les bonnes personnes.

 

Si comme moi, vous êtes une accro du shopping, que vous avez besoin de faire des listes pour les cadeaux de Noël, de faire du repérage avant les soldes ou de sauvegarder des articles que vous achèterez plus tard, connectez-vous vite sur www.simplist.fr !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *